Un cerveau actif après 60 ans

Creativity Growth, Better Using Brain Function And Memory Improv

Creativity growth, better using brain function and memory improvement concept. Creativity growth represented by tree looks like the human brain watered by businessman.

L’Université du Luxembourg, en collaboration avec ZithaAktiv livre ses premiers résultats dans le cadre de son projet de recherche intitulé « Vers la promotion de la santé cognitive chez les personnes âgées : Une recherche en méthodes mixtes auprès des personnes âgées de plus de 65 ans au Luxembourg »*.

Actuellement, nous manquons de données dans la littérature scientifique récente permettant de savoir comment améliorer la participation des personnes âgées à la promotion de leur santé cognitive. La promotion de la santé cognitive est définie comme le fait de permettre aux personnes de mieux maîtriser leur « capacité de penser, d’apprendre et de se souvenir clairement » par « un large éventail d’interventions sociales et environnementales » (National Institute on Aging, 2017 ; WHO, 2020).  Notre but est d’aider à préserver la fonction cognitive des personnes âgées. Des exemples d’activités qui maintiennent le cerveau actif sont : faire des mots croisés, lire de nouveaux livres, apprendre une nouvelle langue, apprendre à jouer d’un nouvel instrument de musique, discuter de sujets d’actualité avec sa famille et ses amis, utiliser des ordinateurs et autres nouvelles technologies, faire partie d’un club senior et participer aux activités proposées, participer à des activités culturelles et/ou intellectuelles (musées, lifelong learning, etc.), participer à des programmes dans des services dédiés (par exemple en contexte clinique : ateliers mémoire, etc.).

Notre étude a cherché à identifier les perceptions des personnes âgées de 65 ans et plus, et en particulier leur capacité, opportunité et motivation à participer à des activités destinées à maintenir leur cerveau actif. Sont-elles motivées à participer à ces activités ? Disposent-elles d’assez de ressources et offres pour réaliser ces activités de maintien et d’entretien de leur cerveau actif ? Rencontrent-elles des obstacles et, au contraire, des facilitateurs dans leur participation ? Si oui, lesquels ?

Des interviews ont été menées auprès de deux populations :

  • Des adultes âgés de 65 ans et plus résidant au Luxembourg et sans trouble neurocognitif majeur (17 personnes au total, moyenne d’âge : 74,06 ans, 10 femmes et 7 hommes) ;
  • Des médecins généralistes et gériatres (8 personnes au total, moyenne d’âge : 50,25 ans, 5 hommes et 3 femmes).

L’analyse de ces interviews révèle que, dans la participation des personnes âgées à des activités visant à maintenir leur cerveau actif :

  • La motivation joue le rôle le plus important. Dans notre étude, cette motivation est composée pour 59,22% de la dimension « motivation réflexive ». Il s’agit de tous les buts et actions que l’on peut planifier. 40,78% de la motivation est concernée par la dimension « motivation automatique ». Il s’agit de tous les processus non-conscients qui agissent sur notre motivation mais qu’on ne peut pas contrôler comme les émotions, les habitudes, les réflexes.
  • La capacité arrive en deuxième position. Dans notre étude, cette capacité est composée pour 79,61% de la capacité psychologique. Il s’agit de la capacité à s’engager dans des processus de raisonnement. 20,39% de la capacité est concernée par la capacité physique (les habiletés motrices, la force et l’endurance physiques, les compétences).
  • L’opportunité joue le rôle le moins important. Dans notre étude, cette opportunité est composée pour 84,24% de l’opportunité physique, c’est-à-dire les ressources matérielles présentes dans l’environnement, par exemple en termes d’accessibilité (coût, lieu, prestations de services). 15,76% de l’opportunité est concernée par l’opportunité sociale (c’est tout ce qui relève de l’impact des normes et influences sociales sur l’individu).

Les trois thématiques qui sont revenues le plus souvent dans les interviews montrent que les personnes âgées identifient bien les activités qui permettent de garder leur cerveau actif, mais elles expriment le besoin que ces activités puissent permettre de renforcer, dans le même temps, les liens familiaux et les relations amicales qu’elles ont construits tout au long de leur vie. Dans cette idée, les personnes âgées favorisent la participation à des activités en groupe pour le maintien et l’entretien de leur cerveau actif. Enfin, un autre résultat souligne la nécessité que la promotion de la santé cognitive fasse partie d’une démarche intégrée, compréhensive et globable de toutes les dimensions de la personne et de sa santé. A cette fin, notre étude soulève le besoin d’un soutien politique suffisant pour renforcer les initiatives qui aideront les personnes à garder leur cerveau actif au-delà de l’âge de 65 ans.

En conclusion, notre étude suggère le développement de trois axes pour le futur :

  1. Travailler sur le rôle de la motivation réfléchie dans la participation des personnes âgées à des activités visant à garder leur cerveau actif. Comparée à la motivation automatique, la motivation réfléchie est un facteur plus modifiable puisqu’elle décrit un processus conscient et planifié de prise de décision.
  2. Continuer de mettre l’accent sur la lutte contre l’isolement social des personnes âgées et ceci dans une approche tout au long de la vie, pour permettre et renforcer la participation des personnes à la promotion de leur santé cognitive.
  3. Favoriser la structuration d’une filière gériatrique et optimiser la coopération entre tous les acteurs de la prise en charge.

Pour plus d’informations sur cette étude, n’hésitez pas à contacter :

Madame Mathilde Barbier, PhD

mathilde.barbier@uni.lu

(+352) 691 136 299

 

* Ce projet est financé par le Fond National de la Recherche (Luxembourg) sous la référence IF 14769099.